Lancée en février 2011 lors de la Conférence Régionale sur la Population, le Développement et la Planification Familiale tenue à Ouagadougou au Burkina Faso et réunissant en son sein 9 gouvernements des pays francophones de l’Afrique de l’Ouest et leurs partenaires techniques et financiers, le partenariat de Ouagadougou est considéré comme l’un des moteurs, levier ou en encore une clé de voûte du développement en Afrique Francophone.

Les 09 pays bénéficiaires de ce programme sont témoins de grands changements grâces aux programmes et interventions en lien avec la planification familiale et à titre d’exemple, on peut citer en dehors des avantages socioéconomiques, la prévention des risques sanitaires liés à la grossesse chez la femme ; la réduction de la mortalité infantile ; la contribution à la prévention du VIH/ SIDA ; la capacitation des populations à agir et le renforcement de l’éducation, la réduction des grossesses chez les adolescentes, le ralentissement de la croissance de la population (la capture du dividende démographique) pour ne citer que ceux-là.

Pour amplifier les efforts en matière de financements des plans d’actions nationales budgétisées et atteindre au moins les 2.2 millions utilisatrices additionnelles de planification familiale d’ici 2020 en Afrique, il est important, sinon indispensable  d’impliquer un nombre important d’acteurs dans le financement de la PF.

Pour une forte mobilisation des acteurs et un financement plus efficace de la PF dans les 09 pays du partenariat de Ouagadougou, nous proposons « une approche de financement basée sur la théorie du changement social ».

APPROCHE DE FINANCEMENT BASÉE SUR LA « THÉORIE DU CHANGEMENT SOCIAL »

En effet, pour parler du changement social, il faut que la transformation sociale soit repérable dans le temps, qu’elle concerne l’ensemble du système social et qu’elle ait des conséquences durables. Le système social rassemble toutes les entités de la société.

Le financement de la PF doit partir donc de l’identification de la « la chaine de financement de l’action », considérer ici comme la prise en compte de toutes les actions « utiles » qui ont, soit un lien direct ou soit indirect avec l’activité principale à financer. L’identification de ces actions permettra de mobiliser plusieurs acteurs au tour de l’action ; et parlant d’acteurs, on peut citer les gouvernements, les acteurs de la société civile, même les entreprises à travers leur Responsabilité Sociétale/ sociale de l’Entreprise (la RSE)  etc…

A titre d’exemple, pour une intervention d’offre de service SR/ PF de qualité dans une communauté donnée, on peut identifier comme « actions utiles » dans la chaine de financement: la réalisation de l’étude de faisabilité, l’alphabétisation, l’offre de service SR/ PF de qualité (activité principale), autonomisation de la femme ou promotion de l’entrepreneuriat  etc…

Un autre exemple, les femmes ayant bénéficié d’un programme d’espacement de naissance doivent être reconduites dans d’autres programmes d’autonomisation de la femme ou de promotion de l’entrepreneuriat ; cela permettra par exemple de voire clairement en quoi l’espacement des naissances a un impact positif sur le développement socio-économique des bénéficiaires ainsi que leur communautés.

L’identification de « la chaine du changement sociale » permet d’identifier clairement le changement durable souhaité ou encore « la chaine de pérennisation de l’action ».  Chaque partie prenante pourra identifier clairement sa place dans la chaine de financement avec les moyens et les ressources à déployer.

LES FONDAMENTAUX D’UNE APPROCHE DE FINANCEMENT BASÉE SUR LA THÉORIE DU CHANGEMENT SOCIAL

  • Identification de l’action principale et autres actions parallèles devant favoriser le changement social ;
  • Identification des acteurs clés et leur mobilisations ainsi que la mobilisation des ressources au niveau locale ;
  • Le partenariat multisectoriel : mise en place d’un dispositif efficace d’action ;
  • Agir et suivre ensemble le changement social.

Mises à part les appuis des partenaires techniques et financiers, les gouvernements (des 09 pays du partenariat de Ouagadougou) doivent renforcer ou mettre en place leurs stratégies ou dispositifs de financement de la PF au niveau local pour contribuer au financement de la PF ; cela nécessite un partenariat multisectoriel au niveau local et la prise en compte de l’approche de financement basée sur la théorie du changement social.

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